Quand Stella Artois tente de se défaire de son surnom sur Wikipedia

24 janvier 2012 at 11 h 00 min

Stella Artois est une bière belge appartenant au groupe AB inBev.
Wife beater est le surnom communément donné à cette bière en Grande-Bretagne.
Portland Communication est l’agence censée redonner à la marque ses lettres de noblesse.

Or, cette appellation « wife beater » fait appel à des notions d’agressivité, de violence conjugale, de binge drinking, des comportements loin d’être valorisant pour une marque, quelle qu’elle soit. Un surnom dont Stella Artois et sa maison mère, AB inBev, se passeraient volontiers. C’est pourquoi AB inBev a mandaté Portland Communication pour l’aider à soigner son image, et cela inclue les références explicites liant Stella Artois et wife beater sur Wikipedia.

C’est ainsi qu’un utilisateur dont l’adresse IP renvoie à Portland Communication a « nettoyé » certains articles. Des interventions qui n’ont pas été du goût de tous. Résultat, les mentions associant la marque au surnom ont été remises en place sur les pages dédiées à wife beater et Stella Artois, cette dernière mettant en plus en cause l’ingérence de Portland Communication sur la composition de l’article. Un incident également relayé sur la page dédiée à l’agence Portland Communication.

Stella Artois sur Wikipedia (5 janvier 2012)

 

Portland Communication sur Wikipedia (5 janvier 2012)

Il faut bien souligner que l’agence était la première visée par ces révélations faites début janvier, tout juste quelques semaines après un autre cas similaire. Bien entendu, Portland Communication a défendu la transparence des actions menées et le respect des règles établies par Wikipedia.

Il n’empêche que Stella Artois n’en est pas moins touchée, avec des conséquences indéniables. Le nom de la marque et son surnom, dont elle aimerait bien se défaire, ont été affichés côte à côte les premiers jours de janvier dans les médias outre-Manche : The Independant, DailyMail, The TelegraphMirror… et autres. AB inBev ayant du intervenir à son tour pour s’expliquer.

Un bel imbroglio qui, au final, ne rend service ni à Portland Communication, dont les méthodes sont mises en cause, ni à AB inBev qui ancre un peu plus dans les esprits l’association entre la marque Stella Artois et son surnom, loin des valeurs de consommation responsable qu’elle souhaiterait mieux valoriser.