Législation — Alcooclic

La pirouette d’Anheuser-Busch face aux poursuites judiciaires

14 mars 2013 at 10 h 00 min

La tentation de diluer bière ou whisky à l’eau est dans l’air du temps. Après Maker’s Mark qui a fini par faire amende honorable face à la gronde des consommateurs, c’est le groupe Anheuser-Busch qui est sur la corde raide.

Le brasseur est en effet sous le coup d’une plainte collective aux Etats-Unis. Plusieurs de ses marques, parmi lesquelles Budweiser, sont accusées d’abuser de l’eau dans les boissons, faussant ainsi les indications fournies sur le contenu du produit.

Dans un communiqué de presse daté du 27 février, le groupe a formellement et sobrement démenti en quelques lignes. En revanche, il a acheté de l’espace publicitaire dans une dizaine de grands quotidiens nationaux parus le 3 mars tels The New York Times.

Anheuser-Busch se défend des accusations portées à son encontre en valorisant son programme d’aide en faveur des victimes de catastrophe naturelle au côté de la Croix-Rouge américaine. Le groupe fait en effet don à l’ONG de cannettes d’eau potable, suggérant une méprise de la part de ses accusateurs et assurant de la qualité de ses bières.

Cannette d'eau vs bière - Anheuser-Busch

 

Twitter va vérifier l’âge de ses utilisateurs

18 juillet 2012 at 9 h 00 min

Il y a quelques temps, le directeur marketing de Diageo déclarait être réticent à l’utilisation de Twitter à des fins marketing. Pas contre l’utilisation des médias sociaux dans le cadre d’une stratégie marketing, les marques du groupe Diageo étant pour certaines d’ores et déjà bien implantées et employant plusieurs community managers. Non juste Twitter qui ne comprenait alors aucun moyen de contrôle sur l’âge des utilisateurs. Or, quand il s’agit d’alcool, la question est sensible.
Facebook offre un moyen de vérifier l’âge puisque la date de naissance est demandée à l’inscription, les internautes devant également déclarer avoir l’âge légal pour entrer sur les sites corporate des marques d’alcool. D’où les réticences concernant Twitter, qui leur faisait prendre le risque d’être rattrapé par des actions en justice.

C’est pourquoi Twitter a travaillé étroitement avec Buddy Media ainsi qu’un petit groupe de marques d’alcool pour développer un moyen de vérifier l’âge des followers. Et voilà qui est chose faite.

Comment ça marche ?

Les marques souhaitant utiliser ce nouveau service doivent auparavant s’inscrire sur http://age.twitter.com afin d’y avoir accès. L’outil étant développé en partenariat avec les marques d’alcool, Buddy Media a déjà enregistré les informations concernant l’âge minimal requis par pays. Pour les autres, elles peuvent elles-mêmes régler les paramètres. Paramétrage pour la limite d’âge bien sûr, mais également pour le message direct automatique qui sera envoyé ou encore le portail de vérification.

De son côté, l’utilisateur qui décide de suivre une marque ayant souscrit au service recevra en retour un message direct comprenant un lien afin de vérifier son âge. Il est valable 24 heures.

Message direct - Coors Light
Message personnel envoyé par Coors Light
Vérification de l'âge - Miller Lite
Vérification de l’âge pour Miller Lite
Vérification de l'âge - Jack Daniel's Honey
Portail personnalisé par Jack Daniel’s Honey

Buddy Media prend en charge la vérification, sans partager les informations fournies avec la marque titulaire du compte. Si l’âge requis est atteint, alors le follower continue de suivre le compte normalement, dans le cas contraire, il ne pourra pas suivre les mises à jours du compte et sera bloqué pendant 24 heures.

Message refus - Miller Lite
Message si âge non requis par Miller Lite
Tweets privés - Coors Light
Tweets de Coors Light protégés
Compte bloqué - Miller Lite
Compte bloqué pour suivre Miller Lite
Message de remerciement - Jack Daniel's Honey
Message de remerciement de Jack Daniel’s Honey

L’âge déclaré doit ensuite servir de base pour une souscription ultérieure aux autres marques inscrites au système de vérification. Le service n’a pas de portée rétroactive, donc toute personne qui suivait le compte avant que la marque ne souscrive au système ne sera pas concernée.

Le service de vérification de l’âge a été testé et est maintenant opérationnel chez un certain nombre de marques, parmi lesquelles Jack Daniel’s Honey, Skinnygirl Cocktails, Miller Lite et Coors Light.

Le hic, c’est qu’à moins de rendre le compte privé et donc d’en limiter considérablement la portée, les tweets publiés sont accessibles à tout un chacun sans avoir à suivre nécessairement le compte. Alors ce système suffira-t-il à vaincre les réticences, à amener les marques d’alcool à se livrer plus facilement sur Twitter, à se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires ? De nombreuses questions restent posées.

La dénomination « Absinthe » à nouveau autorisée

22 décembre 2010 at 14 h 00 min

Interdite en 1905, la fabrication d’absinthe avait été ré-autorisée en France en 1988, mais les producteurs ne pouvaient utiliser la dénomination « Absinthe » et devaient se contenter de la mention « Boisson spiritueuse aux plantes d’absinthe ».

absinthe

Cette interdiction n’est plus depuis le 15 décembre 2010, pour faire face au projet suisse de mettre la main sur cette dénomination en l’incluant comme « Indication Géographique Protégée« .

Si cette « IGP » était promulguée par l’Union Européenne tout produit dénommé « Absinthe », « Fée verte » ou « la Bleue » distillé ailleurs qu’au Val-de-Travers en Suisse serait interdit de vente et d’importation en Suisse puis en Europe.

La fédération française des spiritueux (FFS) a déposé un recours contre cette demande d’IGP.

Duke Ellington XO cognac bientôt interdit ?

14 août 2009 at 14 h 25 min

Lancé en 2006,Duke Ellington XO cognac« , un cognac américain se voit attaqué auprès de la cour fédérale de New York, par le petit-fils de Duke Ellington pour violation des droits sur le nom du célèbre jazzman. Des négociations avaient déjà eu lieu par le passé, entre la famille de l’artiste et le producteur, mais celles-ci n’avaient finalement jamais abouties.

Duke Ellington Cognac

A l’instar de la vodka Jimi Hendrix, il est fort probable que le produit soit retiré de la vente à terme.

Le rosé coupé fait demi-tour !

11 juin 2009 at 11 h 18 min

C’est une bonne nouvelle pour les producteurs français : la législation qui prévoyait d’autoriser les mélanges de vins rouges et vins blanc pour obtenir du rosé a finalement été abandonnée !

On pensait la bataille déjà jouée, une disposition ayant même été proposée pour distinguer les deux types de rosés (coupés ou non) avec la mention « Vin traditionnel« .

verre de vin rose

Mais finalement la ténacité du CIVP (Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence) a payé et la loi chère à Madame Fischer Boel ne passera pas. Les producteurs de rosés peuvent se féliciter de s’être si bien mobilisé et d’avoir réussi à faire plier l’Union Européenne pour la protection du patrimoine viticole français.

La publicité sur internet en question

25 mai 2009 at 17 h 07 min

Alors que les sénateurs vont étudier le texte de la loi « Bachelot » interdisant notamment la vente d’alcool aux moins de 18 ans, plusieurs élus et associations montent au créneau pour mettre en exergue l’hypocrisie du texte.

Selon eux, l’autorisation de la publicité pour l’alcool sur Internet prévue dans le texte est un paradoxe à l’interdiction de la vente au mineur.

Internet étant le media le plus utilisé par les jeunes, il parait donc incohérent d’autoriser la publicité sur ce support, surtout quand l’on sait que les jeunes ont tendance à s’alcooliser de façon toujours davantage…

alcool publicite internet

La précaution qui consiste à interdire de publicité les sites « destinés à la jeunesse » ne semble pas suffisante : « Il n’existe aucune frontière sur Internet et les jeunes […] s’affranchissent largement des sites qui leur sont prétendument dédiés ».

Une lettre ouverte a été envoyée au Président de la République.

Ballantine’s s’offre une bouteille de nuit

15 avril 2009 at 14 h 41 min

La marque de whisky Ballantine’s lance une nouvelle bouteille dédiée au milieu de la nuit. Intitulé « Blacklight », la bouteille a la particularité de posséder un bouchon et une étiquette photoluminescente, ce qui lui confère une visibilité maximum et une élégance certaine.

Bouteille blacklight

Pour promouvoir ce nouvel écrin, Ballantine’s s’est offert les services de l’artiste Erik qui a imaginé une structure de néons reprenant le caractère photoluminescent de la bouteille.

publicite ballantines blacklight erik

La bouteille a été présenté le 7 avril dernier chez Fauchon et sera disponible uniquement dans les discothèques, les bars de nuit, sur Barpremium.fr et Au Verger de la Madeleine (4 boulevard Malesherbes, 75008 Paris).

Prix de vente : 24 €

L’absinthe en France

7 avril 2009 at 11 h 30 min

Interdit, pas interdit ? Autorisé mais à certaines conditions ? L’absinthe n’est plus la même qu’à l’époque… En Espagne c’est de la « vraie »… On entend tout et son contraire sur l’absinthe et nous allons tenter d’éclaircir la situation sur cette alcool en France.

L’histoire :

Pour commencer il faut rappeler qu’au 19ème siècle, l’absinthe avait la réputation de rendre fou (l’histoire raconte que Van Gogh s’est coupé l’oreille après en avoir bu 3 bouteilles) et beaucoup on invoqué des taux de thuyone mal maitrisés (250mg/l), mais plusieurs études réalisées sur des bouteilles d’époques ont montrées qu’il ne s’agissait que d’un mythe et que les taux de l’époque était dans l’ensemble plutôt bas (moins de 20 mg/L).

Affiche Anti Absinthe

Une autre étude a d’ailleurs démontré que les effets prêtés à la thuyone (hallucinations, convulsions, absinthisme…) n’étaient qu’affabulation et que la raison principale de la nocivité était plutôt … l’alcool (présent à près de 70°).

L’interdiction :

Toujours est il qu’en 1915, la France fait interdire l’absinthe pour lutter contre l’alcoolisme : « Sont interdites la fabrication, la vente en gros et au détail ainsi que la circulation de l’absinthe et des liqueurs similaires visées par l’article 15 de la loi du 30 Janvier 1907 et l’article 17 de la loi du 26 Décembre 1908. »

Le retour :

En 1981, une directive européenne autorise jusqu’à 35mg de thuyone par litre de boisson alcoolisée. La France aménagea cette directive dès 1988 et abrogea la loi de 1915.

En 2001, le décret n° 2001-435 du 21 mai 2001 précise que « les essences d’absinthe et produits assimilés ou susceptibles de les suppléer, peuvent, sous quelque forme que ce soit, être importées, fabriquées, mises en circulation, détenues ou vendues. »

Conclusion :

L’absinthe est donc autorisée en France de la même façon que dans les autres pays d’Europe, mais elle est peut être davantage nourrie de légendes, ce qui explique une popularité encore peu développée.

Pernod Ricard : On vend !

1 avril 2009 at 16 h 39 min

Le groupe Pernod Ricard qui s’était engagé à céder une partie de son portefeuille de marque pour compenser l’acquisition du suédois Vin&Spirit continue à tenir son engagement.

Arcus Logo

altia logo

Suite aux précédentes cessions de Bisquit et Wild Turkey, c’est aujourd’hui quatre autres marques qui changent de propriétaire. Grönstedts Cognac a été cèdé au groupe Altia (Finlande) et Star Gin, Red Port et Dry Anis ont, quant à elles, été vendues au groupe Arcus (Norvège)

Ces cessions doivent encore recevoir l’approbation de la commission européenne.

Le vrai rosé prendra l’appellation « vin traditionnel »

25 mars 2009 at 15 h 00 min

Nous vous en parlions récemment, les mélanges de vin rouge et de vin blanc pour obtenir un vin rosé ont été autorisés à l’échelle européenne.

L’argument principal des défenseurs de cette pratique est que ces mélanges existent déjà en dehors de l’Europe (l’Australie ou l’Afrique du Sud les pratiquent) et que cela permettrait aux viticulteurs européens d’aller conquérir de nouveaux marchés tel que la Chine.

Vin traditionnel

Devant le mécontentement des viticulteurs de rosé (français notamment), la commission a opté pour un étiquetage « Vin traditionnel » sur les rosés obtenus par un processus de macération courte.

Les viticulteurs français demandent en sus que les vins issus de mélanges soient obligés d’afficher l’appellation : « rosé par coupage » afin de bien marquer la différence.